mardi 8 avril 2014

Qu’avons-nous fait des valeurs léguées par nos ancêtres ?



Ils ont tous essayé :
• Léopold Sédar Senghor voulait un Sénégal fort, mais il était trop occidental.
• Abdou Diouf voulait un Sénégal fort, mais il était trop administratif.
• Abdoulaye Wade voulait un Sénégal fort, mais il était trop vieux.
Tous voulaient un Sénégal fort, mais toujours, il y avait un handicap : Ils étaient nostalgiques de la colonisation et de l’administration française, oubliant inconsciemment leurs valeurs ; celles de nos ancêtres.


Après 54 ans d’indépendance, on se demande encore ce qu’on a bien pu en faire ? Hélas, le bilan n’est pas des meilleurs, et on aurait pu mieux faire. Ancienne capitale de l’AOF, le Sénégal était vraiment parti pour être premier. Qu’est-ce qui s’est passé entre temps ? Nous avons juste oublié d’où nous venons, trop occupés à copier l’occident.

Nous avons surtout ignoré qu’aucun peuple ne peut se développer en partant d’une base fausse : une culture étrangère différente de ses réalités.
La vérité, c’est que nous avons rejeté toutes nos valeurs pour nous adapter à celles des puissances coloniales.

Nous avons tout emprunté, depuis la langue, la culture et même le modèle de gouvernance, oubliant qu'à chaque peuple sa logique, chaque peuple ses réalités et chaque peuple sa particularité.

Nos ancêtres n'étaient pas des gaulois, ils étaient Sénégalais et avaient leurs propres vertus qui peut-être étaient à améliorer ; mais ces valeurs sont celles qui nous ouvraient la voie du salut.

Après 54 ans de tâtonnement, usant de modèles de développement empruntés, n'est il pas temps de rebrousser chemin et partir de nos propres acquis ?
C’est à la fois un questionnement et une question.

Un questionnement pour chaque fille et fils du Sénégal, une introspection et une autocritique pour nous préparer à un engagement sûr, à côté des populations qui attendent beaucoup des jeunes sénégalais.

Une question sur les véritables enjeux, sur les stratégies, voies et moyens à déployer pour que, en harmonie avec notre culture, nous puissions contribuer à l’avènement d’une société moderne, juste et solidaire, articulée autour d’un développement économique et social bien sénégalais.

Le passé est derrière nous, avec ses erreurs et ses plaies, mais il est là pour nous rappeler que ceux qui ont échoué avaient peur de se retourner vers leurs propres valeurs pour se développer. Aujourd’hui, nous sommes assez grands pour répondre à la véritable question : comment exploiter le lègue de nos ancêtres ?

Le Sénégal, très beau pays de paix et d’hospitalité est juste un diamant brut qui a besoin de polissage pour se débarrasser de toutes ses importations bloquantes, pour briller comme le Japon et tant d'autres puissances, en partant de ses propres valeurs.

Peut-être étions-nous jeunes, pour ne pas remarquer le changement ; mais le pays a perdu en valeur, en éthique et en morale. Absolument tout s’est retourné : le partage et la fraternité sont remplacés par l’individualisme et la course vers la richesse. La politesse est devenue un handicap. S'accepter en tant qu’Africain et Sénégalais est devenu une ironie. Pauvre Afrique ! Pauvre Sénégal. Si nous ne nous aimons pas, qui le fera pour nous ?

Tellement de valeurs sont gangrenées par un seul mal : la copie de contre-valeurs étrangères, considérées a tors comme valeurs, et qui ne font que nous enliser d’avantage dans notre sous développement autant culturel qu’économique et dans notre ingratitude face à tous nos héros qui se sont tant battus pour faire de nous des femmes et des hommes d’honneur.

C’est si honteux de chanter « nous disons non » alors que nous disons oui à tout !
Pourquoi ne faudrait-il pas que l’héritage des ancêtres fasse l’objet d’une réflexion poussée pour sortir le Sénégal de l’obscurantisme ? Pourquoi ne pas dégager de cette réflexion des pistes pour s’affirmer ? Pourquoi ne pas chercher ensemble la réponse adéquate à la grande question digne d’être posée : Que faire aujourd'hui du lègue de nos ancêtres ?
Par Yacine Bodia

jeudi 27 mars 2014

Sommet de la Francophonie à Dakar : Pourquoi Macky a déchiré le projet de budget de la Délégation générale ?

Le Président Macky Sall a été ulcéré lorsque la Délégation général a renseigné qu’une centaine de millions de francs Cfa avait été prévue pour les cadeaux des chefs d’Etat devant participer à la rencontre. Aussi incroyable que cela puisse paraître, le journal Libération dans sa livraison du jour révèle que 2,1 milliards ont été prévus rien que pour les commissions protocole et liaison ; 7, 3 milliards pour les commissions médias, information et relations publiques et 1,9 milliard pour le fonctionnement de la Délégation général et du comité scientifique. A y regarder de près, Macky Sall a mis une croix sur ce qui était partie pour être une grosse bamboula financière.
Bravo Prési!!

mercredi 5 mars 2014

La solitude des veuves: Entre angoisses, indifférences et délivrances



Unis par les liens du mariage et partageant tout ensemble, brusquement celui qu'on appelait chéri, mon cœur ou Papa s'en va sans dire au revoir, emportant avec lui tous les projets du couple. Cela paraît d'abord impossible, incroyable et surtout inacceptable ; mais les cris, pleurs et lamentations des parents et amis venus dès les premières heures pour consoler la veuve, la mènent vers la triste réalité : Le chéri n'est plus !


On est d’abord dépassé par les événements, on se sent impuissant devant cette fatalité et seuls les réflexes commandent les faits et gestes. Tout s’embrouille, mais des questions sérieuses viennent à l’esprit :
Que vais-je devenir ? Comment vivre sans lui ? Pourquoi lui, si ambitieux, si vivant, pourquoi pas un autre à sa place ? Pourquoi, pourquoi et pourquoi ? Autant de questions dont les réponses se cherchent encore dans les chaudes larmes déversées par la veuve. Mais, ce n'est là, que l'arbre qui cache la forêt. Ce n'est que le début d'une grande angoisse.

Il y a du monde présent et on ne mesure pas encore l'ampleur des dégâts. Les deux ou trois enfants sont là, comment leur expliquer que papa ne reviendra plus ? Comment s'organiser pour leur éducation ?
Les jours passent difficilement même si, pour les autres, on le prend bien.

Dès l’enterrement, les autres ont déjà oublié ; on cause, on rit tout autour et on ne réalise toujours pas. L’imam explique ce que sont le huitième et le quarantième jour, où le corps explose, où les os se décollent. Ces jours deviennent, les plus douloureux de la période de veuvage. On pleure, quand, seule, on prend sa douche, quand, seule, on s’habille, mais dès qu’on est avec les parents, on sèche les larmes ; car c’est la volonté de Dieu et on est obligé de l’accepter.

Le veuvage est passé et les parents et amis venus apporter leurs soutiens sont rentrés vivre leurs vies. La solitude s'installe. La chambre devient immense pour une seule personne, mais le grand lit n'est pas assez large pour rechercher son odeur, sa chaleur et sa présence. On a mal et les vraies larmes coulent dans le noir. Toute la nuit durant, les yeux grands ouverts, on pense à ce qu’on aurait pu faire pour qu’il reste encore en vie. On peut ne manquer de rien, mais la joie a disparu !

Le même scénario se renouvelle chaque nuit et seuls les parents et vrais amis sont capables de comprendre l'immense douleur que l'on vit. Dès qu'on voit une veuve, on revit le même cauchemar. On pense à lui sans arrêt. Le chagrin est si grand, qu'on regrette de ne lui avoir pas assez dit combien il était aimé.

La seule question vers le créateur à ce moment là est : pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?

On essaye ensuite d'entrer en contact avec le mari adoré, on lui parle comme s’il pouvait entendre : qu’est ce que je vais devenir sans toi? Comment éduquer notre fils quand la crise de l'adolescence se pointera ?
Viennent alors les prières : mon Dieu pardonne lui toutes ses fautes, offre lui le paradis, et donne-moi la force d'accepter mon destin.

Par dilection, on s'interdit le bonheur ou un autre mariage; on se condamne à la solitude, à la douleur et à vivre dans un passé plein de regrets et de souvenirs. Pourtant, le temps passe et il faut recoller les morceaux. Il faut beaucoup de courage et de présence pour sortir du gouffre et se refaire une vie normale.

Ces veuves sont parmi nous, fortes à vue, elles sont d'une sensibilité incroyable dès qu'on fait allusion à leur perte. Elles ont besoin d'affection et d'amitié au vrai sens de terme, pour que leurs regards toujours tristes changent ; pour que leur esprit toujours connecté au passé leur revienne. Mais, le principal est de leur rappeler le plus important :

Quand Dieu ferme une porte, il en ouvre plusieurs autres.

Mais……,
Mais il y a les autres ;
Celles qui ne s’étaient "pendues" que pour l’argent. Ces veuves joyeuses n’attendaient que ce départ pour enfin pouvoir jouir des biens laissés par le riche conjoint. Elles commencent aussitôt à chercher de nouvelles proies parmi les ex, les cousins et amis du défunt.

Il y a les plus téméraires qui n’envisagent plus de se remarier; elles entendent bien profiter de l’héritage laissé par le défunt, pour se refaire une nouvelle jeunesse et une nouvelle vie !

En parallèle, les veuves, devenues des proies faciles, sont convoitées par les hommes qui concoctent des stratégies de séduction dès les premières heures du veuvage. Tout y passe, du Diakhal consistant aux cadeaux somptueux et périodiques, aux visites régulières pour consoler l’ex-femme de leur frère, de leur cousin ou ami. Aussi, les masques tombent-ils et font place à l’hypocrisie et à la délinquance. Il faut noter que c’est durant cette phase à la fois triste et dramatique qu’on remarque toutes les contre-valeurs qui accompagnent la période de veuvage et pré-veuvage.

Que la nature humaine est complexe, c’est comme si la vie est une grande scène de théâtre.






Par Yacine Bodian